Crédit : Robin Cumming (Merci Marie au net)
LaCousine, femme au foyer, s'interroge.
La femme au foyer est-elle une glandeuse ? De choses insignifiantes en petits rien, la femme au foyer ne fait pas grand chose en apparence. Alors peut-elle prétendre à une journée de glande ?
"Une femme au foyer peut-elle prétendre à une journée de la glande quand ses chérubins répondent avec la spontanéité de leur âge, à la question : « que fais ta maman ? »
RIEN.
Rien, une mère au foyer ne fait rien 365 jours par an, comment pourrait-elle participer à une journée de la glande ?
Elle pourrait ne pas se lever pour préparer les petits déjeuners, vérifier les cartables, repasser en hâte le tee-shirt que sa petite chérie aurait décidé de porter ce jour là, refuser de quitter
son pyjama pour accompagner les enfants à l’école parce qu’ils auraient raté le car scolaire et dans un grognement signifier à la maisonnée que leurs préparatifs matinaux sont trop bruyants. La
maison vide, elle se lèverait tard, très tard en secouant les miettes de son petit déjeuner sur le sol dont elle ignorera la poussière. Elle déposera négligemment son bol dans l’évier parce que
le lave-vaisselle ne serait pas vidé, et le plateau sur la table à coté des restes. Parce que bien sur personne n’aura eu le temps de débarrasser avant de partir. Normal, eux ils
bossent.
Du pied elle poussera la pile de linge dans la salle de bain pour entrer dans sa douche sans minuter son temps, parce que ce jour là, elle ne touchera ni à la serpillière, ni à l’aspirateur, ni
au chiffon à poussière et encore moins à la machine à laver.
La machine à laver justement, sous prétexte qu’elle a libéré la femme du lavoir, possède la particularité d’attirer comme un aimant une quantité effroyable de linge quotidien. Sur qu’avant on ne
se changeait qu’une fois la semaine et encore…deux fois par an pour les draps, la machine à laver permet de se changer trois fois par jour… les draps tous les huit jours. Soit au bas mot pour une
famille de quatre : 52 semaines fois X 4 paires de draps = 208 paires X 2 = 416 carrés immenses de tissus et autant de taies, qui mettent 100 ans à sécher l’hiver, période d’ailleurs favorable au
port de chaussettes. Avec une moyenne raisonnable de 8 mois par an, à raison d’une paire de chaussettes par jour et par personne, cela représente 240 jours X 8 chaussettes = 1919. (Adapter le
calcul au nombre de personnes par foyer) j’insiste sur le résultat impair, car les chaussettes sont indépendantes et rarement en couple. Donc 1919 chaussettes à 1) placer dans la machine, 2)
sortir de la machine, 3) étendre, 4) rassembler (si possible) donc 1919 X 4 manipulations soit 7676 gestes par an pour des chaussettes, épanouissant non ?
Bref, pas de linge donc, ni de ménage, mais à quoi peut bien s’occuper une femme (bonne généralement) sans laver, repasser (ouf pas les chaussettes) sinon assurer le réapprovisionnement ? C’est à
dire, se ruer dans les rayons du supermarché en cherchant désespérément non pas Susanne, mais des idées pour nourrir sainement sa famille.
Parce qu’une femme au foyer, vu qu’elle n’a rien à foutre peut au moins faire un effort pour varier les menus : de préférence équilibrés, sans poisson pour l’un, sans viande pour l’autre ou alors
sans sauce, enfin pas pour tout le monde, sans quoi on pourrait lui rétorquer que c’est encore meilleurs à la cantine. Son caddy rempli, après l’avoir vidé une première fois sur le tapis roulant
(en excès de vitesse, sous l’œil vengeur d’une caissière active) pour le remplir de nouveau dans le susdit caddy, elle vide les victuailles dans son coffre de voiture et enfin remplit ses
placards après avoir vidé son coffre, en résumé elle aura manipulé 6 fois ses yaourts avant qu’ils ne se périment dans le frigo parce que de toute façon ce n’était pas la bonne
marque.
La matinée avancée, le linge ok, ménage ok, lave-vaisselle vidé, four nettoyé, courrier timbré, placards remplis, rendez-vous inscrits sur le calendrier, menues réparations, cahiers couverts,
linge repassé, vitres sans une trace, chien brossé, lits faits, épilée et habillée, elle est comme toutes les femmes qui n’ont rien à foutre : désoeuvrée. Par conséquent, après les feux de
l’amour, elle téléphone à ses copines, qu’elle retrouve tous les après midi, pour décorer des albums ou des pots de fleurs avec des serviettes en papier, c’est aussi joli que les colliers de
nouilles mais ça prend plus de temps. Pour d’autres, moins sociables, il y a le bricolage, ou le jardinage, elles ont maintenant des magasins spécialisés qui leurs sont tout dévoués : les femmes
ne sont plus représentées avec un aspirateur autour du cou et un balai brosse dans la main, mais avec un casque de chantier et un sécateur : la femme moderne, le nouveau
look.
Dans tous les cas elle se tient prête pour le goûter des enfants qui jettent leurs cartables dans l’entrée comme des boulets qu’elle aurait elle même accroché à leur dos, sans un regard pour
celle qui pomponnée, est toute ouïe pour les accueillir. En deux gros mots sur les profs, ils résument leur journée avant de se ruer sur leurs écrans respectifs en se bourrant de cochonneries
qu’elle aura acheté à contre cœur, mais il faut vivre avec son temps.
Le sourire aux lèvres, elle s’active dans sa cuisine pour mitonner des petits plats que tout le monde engloutira sans un mot, ce qui est plutôt bon signe, dans le cas inverse elle frôle
l’avertissement. Son tendre et cher époux arrive, crevé lui aussi, normal il a bossé lui. Il s’affale dans le canapé, répond par onomatopées, elle en déduit, par habitude (ça tue l’habitude mais
c’est pratique, surtout plus efficace pour la communication) qu’elle ne sera pas répudiée ce soir, encore que le journée ne fait que commencer. Heureusement ce n’est pas mercredi, les allers et
retours aux clubs et activités sont restreints.
Une femme au foyer par définition est débile, futile, inutile et surtout ne rapporte RIEN, alors à quoi bon travailler plus ????
Pour info (dès fois que cela intéresse quelqu’un) dans le quid 1997 (tiens comme le temps passe), le coût du temps passé par mois pour une famille de quatre personnes, au prix du SMIC soit 8.44 €
brut (réactualisé, il était de 5.63 en 1995) est de :
Cuisine 90 heures : 759 €
Ménage 104 heures : 877 €
Soins de santé et d’hygiène 60 heures : 506 €
Couture 24 heures : 202 €
Gestion du budget familial et divers 40 heures : 337 €
Total 318 heures X 8.44 € = 2683 € par mois, net d’impôt. Enfin jusqu’à ce qu’un « élu » ne découvre la fraude !
Pour conclure, j’aurais bien aimé participer à la journée de la glande avec les actifs, mais je ne vois vraiment pas comment en faire moins que d’habitude…sans risquer le licenciement. Avec la
crise (de la quarantaine pas économique), la femme au foyer se demande toujours si son boss ne va pas délocaliser vers une zone en voie de développement, genre 20 ans de moins… Précarité
dangereuse !
Mais si quelqu’un à une idée elle sera la bienvenue, merci d’avance."